(Tout) Ce qu’on vous a caché sur les CPGE.

Cléa GAUCI

La vérité, rien que la vérité.

Je sors de deux ans de prépa. Deux années intenses, deux années de dur labeur. Bon, ça, ça fait parti des choses que l’on sait déjà : on trime en prépa.

Pourtant, il y a des choses qu’on t’a racontées, d’autres qu’on t’a même laissé croire. Tu en as peut-être entendu parler en des termes élogieux ou au contraire, les ragots qui circulent à ce sujet te font froid dans le dos.

Mais t’a-t-on seulement dit la vérité ?

Je te propose de te livrer ici mon expérience, sans langue de bois, sans euphémisme, rien. Je te propose un témoignage sincère et précis. Tu pourras alors te faire un avis des plus objectifs quand tu auras fini de lire cet article.

 Et qui sait : peut-être voudras-tu te jeter à corps perdu dans cette folle aventure… ou renoncer.

 

Conseils d'insider pour réussir à coup sûr ta prépa

Je te l’ai promis : voici mon expérience et les informations que je peux te livrer pour t’y préparer au mieux.

Déjà, on va mettre les points sur les i et les barres sur les t : la prépa, littéraire ou non, c’est une question d’hygiène de vie et d’environnement. Dormir deux heures chaque nuit pour travailler comme un forçat, soit parce que tu es désorganisé.e au possible, soit parce que tu veux à tout prix réussir, laisse-moi te dire par avance que c’est la pire idée que tu puisses avoir.

De manière foncièrement caricaturale, on peut dire que la prépa c’est l’alignement des astres du Travail, du Sommeil et de la Nutrition. Parce que oui, va falloir se nourrir. Ton cerveau va concrètement tourner à plein régime et surchauffer comme l’ordinateur de ta grand-mère dès que tu lui donnes plus de deux informations à traiter en même temps. Donc pour éviter d’avoir à finir à l’infirmerie à cause d’un énième malaise hypoglycémique (et je t’assure que je sais de quoi je parle, j’étais une spécialiste), il va vraiment falloir penser à donner de l’énergie à ton encéphale pour qu’il fonctionne correctement.

Et au cas où tu t’inquiète pour ton summer body, je te rassure : avec les STAPS et PACES, les années en classe préparatoire ne sont pas celles où tu vas prendre le plus de poids. Pour ça, tu penseras à remercier la fatigue, le stress, les cigarettes, le café bien noir vingt fois par jour et ton cerveau qui va devenir un gouffre vorace d’énergie.

Donc pour que tout se passe bien, tu l’auras compris, il te faudra te reposer régulièrement et te nourrir convenablement! Petits conseils d’une ancienne (hypo)khâgneuse : pense aux micro-siestes de vingt minutes, même si c’est pour fermer simplement les yeux, et aies toujours un encas dans ton sac ! Tu verras, tu me remercieras plus tard.

Autre impératif : ton environnement. Tu vas avoir beaucoup de travail personnel, tu dois donc pouvoir trouver un lieu calme et propice à la concentration. Si tu vis encore chez tes parents et que tu as des frères et sœurs qui chahutent beaucoup, le mieux est d’aller travailler dans ton CDI ou en bibliothèque. N’hésite pas à tester des choses différentes jusqu’à trouver TA manière de travailler qui te rendra productif et efficace. Personnellement, je passais des journées entières à la bibliothèque : parce que me préparer pour sortir de chez moi me mettait déjà dans une autre disposition d’esprit que traîner dans mon studio en pyjama toute la journée ; ensuite, parce que voir des gens travailler autour de moi me motivait énormément.

Bon, et tu t’en doutes si tu as bien lu ce que j’ai écrit précédemment : j’arrivais avec l’équivalent d’un chariot de nourriture pour tenir lors de sessions de plus de huit heures de travail intensif.

N’espère donc pas réussir à hauteur de ton potentiel ces deux années si tu es épuisé.e, affamé.e et si ton environnement ne te permet pas de te concentrer de manière optimale. Ça peut te paraître évident, mais laisse-moi te garantir que le stress va te faire oublier ces essentiels.

Autre conseil : sois toujours en harmonie avec toi-même. Ne te laisse pas aller à la flemme parce que ça va te coûter de rattraper tout le retard. Mais ne te mets pas une pression de dingue non plus : il y a peut-être un moment où tu ne pourras pas tout gérer. Eh bien, ce n’est pas grave ! Tu n’es pas une machine ! Si tu as un passage à vide, parles-en à tes professeurs, cherche du soutien autour de toi et repose-toi. Parce que si tu forces ton corps à travailler alors que tu n’en peux plus, il ne va clairement pas te suivre. Alors chill, fais toujours de ton mieux, mais pas d’excès de zèle.

Oh et surtout : pense à avoir un minimum de vie sociale quand même. Sortir le soir, aller boire un café, te balader en ville, faire du sport… toutes les excuses sont bonnes ! Ça te permettra de garder le moral et ça, c’est capital pour réussir tes années prépa.

« Et sinon, c’est aussi terrible qu’il n’y paraît ? »

Il n’y a pas de fumée sans feu. Mais je te préviens, il y a deux, trois mythes qui vont s’effondrer (voire plus). Oui, la prépa, c’est super intense : donc non, il y a peu de chance que tu puisses aller faire la java tous les jeudis, vendredis et samedis soirs.

Oui, tu vas redécouvrir le plaisir d’être un peu pompette après seulement une pinte de bière ; celui de rentrer tôt chez toi, non pas parce que tes parents t’ont donné l’autorisation de 22H3O, mais parce que tu as un énième DM à finir ; oui, c’est vrai, tu auras un peu les nerfs de voir les autres étudiants s’amuser pendant que toi, tu trimes.

MAIS tu vas aussi bénéficier des mêmes vacances que les élèves du secondaire : de quoi rattraper le temps perdu. En plus, la rareté augmente le désir et donc, le plaisir : tes soirées seront franchement mémorables. Et puis, les amis… ah non, ça, je t’en parle un peu plus bas.

Si tu pensais avoir beaucoup travaillé au lycée, prépare-toi à la douche froide ; et si au contraire, tu te reposais sur tes acquis, fais attention à ne pas te faire avoir : il y a des chances que ta moyenne descende de moitié.

Je te rassure : tu vas découvrir le goût du travail bien fait. Il y a même des chances pour que tu prennes du plaisir à étudier et à travailler autant. Je sais, ça paraît fou. On en reparle à la fin de tes deux ans.

        Tu as sûrement entendu dire que la prépa, c’est une histoire de classe sociale. Oui et non. La gratuité de la prépa fait qu’elle est accessible à tous : bien entendu, il existe des CPGE payantes mais étrangement, elles ont un niveau moindre que les publiques.

On ne va pas se leurrer, il faut pouvoir être entretenu pendant tes années prépa, parce que tu ne vas pas pouvoir travailler. Certains y parviennent mais je vais être honnête avec toi : ils se comptent sur les doigts d’une main. Et lorsqu’ils travaillent, c’est rarement plus d’une poignée d’heures dans la semaine.

Bien sûr, tu peux te trouver un job étudiant l’été : j’ai fait partie d’une des rares de ma promo à l’avoir fait. Mais autant te dire que les étés de ta prépa, que ce soit pour la première comme pour la deuxième année, c’est fait pour préparer ta rentrée. Autrement dit : tu as du travail. Quand je suis rentrée en khâgne, après avoir travaillé six semaines à temps plein et avoir tant bien que mal cherché à lire et ficher mes manuels et mes livres, je suis arrivée épuisée en prépa. Donc si tu peux, évite d’avoir un emploi. Sinon, travaille au début de l’été et prends-toi deux semaines avant la rentrée pour dormir et accélérer la cadence de ta préparation.

 Cependant, tu n’es pas totalement démuni.e non plus : tu es éligible à la bourse, parce que tu es considéré.e comme un.e étudiant.e de faculté. Ah oui, parce que ça, c’est plutôt chouette : à ta rentrée en prépa, tu t’inscris obligatoirement à la faculté. Comme ça, si tu quittes la prépa en cours d’année, que tu sois en hypokhâgne ou en khâgne, tu intègres directement la fac. Puisque tu es considéré.e comme un.e étudiant.e à l’université, tu ne dois payer que les frais d’inscription relatifs à la fac et la CVEC (dont tu es dispensé.e si tu es boursier par ailleurs).

Par contre, attention : tu ne peux pas intégrer n’importe quelle licence, les choix sont définis par avance. Inutile de prétendre à faire une L3 de Psychologie si tu as fait prépa avant en somme. Pour le Droit, c’est plus compliqué.

Et oui, puisque tu te le demandes, tu peux changer ton inscription d’une année à l’autre. En gros, sur papier, j’ai validé une L1 d’Histoire, une L2 de LLCR Anglais et là, je suis en L3 Information-Communication. Parcours classique en somme.

Et non, tes profs ne seront pas tous des vieux croutons desséchés, ignobles, pédants et hautains. Il y en a, ça existe : mais selon les prétentions de ton lycée, les profs sont aussi des êtres humains normaux (ou excentriques), passionnés, compréhensifs et compatissants. Tu peux compter sur eux parce que beaucoup sont passés par des classes préparatoires : ils savent ce que tu endures.

Alors, je t’ai appris des choses ?

« Et à part décorer le dossier, la prépa, ça sert à quoi ? »

Tu vas sûrement me poser cette question, et je peux t’assurer que les réponses sont multiples.

Déjà, tu vas apprendre des choses qui te serviront toujours.

Tu vas apprendre à t’organiser, même un minimum, sans quoi tes deux années seront plutôt chaotiques. Et aussi à t’exprimer à l’oral, tu verras quand tu seras confronté.e aux khôlles pour la premières fois.

Tu vas aussi apprendre à te concentrer et à être performant.e : parce que oui, les journées de cours de prépa sont très denses, la prise de notes est intense et les six heures de DS hebdomadaire (oui oui, six heures ; et non non, ça ne sera pas assez long, tu verras par toi-même) mobilisent la présence de ton cerveau et son activité constante.

Tu vas même apprendre à apprendre. Les méthodologies qu’on va te transmettre et leur mise en application vont te permettre de faire des liens logiques et subtiles, de comprendre les choses en profondeur, leur connexion, leur imbrication. Je te garantis que tu vas y prendre goût, surtout si tu es quelqu’un de très curieux et qui te pose mille et une questions (on pense fort à vous les copains overthinkers).

Ensuite, tu vas également apprendre à gérer tes émotions et le stress. Parce que oui, il y en a en prépa. Beaucoup. Et pour avancer, il ne va pas falloir se laisser bouffer.

Mais justement, tous ces apprentissages te serviront aussi bien pour la suite de tes études que pour tes lettres de motivations ou tes CV : ce sont des compétences appréciables dans le monde professionnel et s’il est bien vu d’avoir fait une classe préparatoire, il est encore plus intéressant pour un recruteur de voir qu’il peut te faire confiance : tu deviens un élément capable de réfléchir et d’analyser même en situation de crise, tu as de l’aisance à l’oral, tu es organisé, investi et donc, fiable.

                Tu vas également rencontrer des personnes extraordinaires : en prépa les liens qui unissent les personnes entre elles sont extrêmement forts. On raconte que les amis de prépa sont des personnes qui restent généralement à vie, ou du moins, longtemps : c’est parce qu’on avance tous ensemble, on craque ensemble mais on se soutient. Ce sont des années tellement particulières que les liens qui s’y font le sont aussi. Aujourd’hui, même si on est tous dispersés aux quatre coins de la France, on ne rate pas une occasion de se donner des nouvelles ou de se réunir.

                La prépa, c’est en apprendre beaucoup sur le monde, sur la littérature, sur les autres mais aussi sur toi. D’abord, parce que tu vas te découvrir des centres d’intérêt que tu ignorais : regarde-moi, je suis devenue une passionnée de littérature médiévale et de langues, alors que je n’aimais vraiment pas ça au lycée.

Mais tu vas également découvrir tes limites, parvenir à les dépasser et mieux comprendre ce qui te motive dans la vie, quelles sont tes aspirations et tes besoins profonds. Comme moi, certains ont quitté la prépa après leurs deux années en sachant qu’ils voulaient plus de professionnalisation dans leurs études. Au contraire, d’autres découvrent qu’ils veulent travailler dans la recherche ou enseigner alors qu’ils n’y songeaient pas du tout au début.

Et puisqu’on parle d’études, on ne va pas se mentir, la prépa t’ouvre des portes. Beaucoup de portes. Dans le cadre des prépas littéraires, tu peux tenter de prétendre à l’ENS Lyon ou Ulm, voire Cachan ; la BEL te donne accès aux concours de différents IEP, des écoles de traduction, au Celsa ; tu peux être préparé.e aux écoles de commerce (une fille de ma promo est entrée à HEC, rien que ça), partir en Erasmus, refaire une troisième année c’est-à-dire khûber, te prendre une année sabbatique ou de césure, partir tranquillement à l’université, rester dans ta ville ou tenter ta chance ailleurs. Comme tu peux le constater, il y a une infinité de possibilités, et sûrement d’autres que j’oublie.

Donc oui, la prépa ça fait joli dans le dossier : mais ça t’offre aussi une tonne d’opportunités, aussi bien humaines que professionnelles.

« Et moi maintenant, je fais quoi ? »

Déjà, j’espère que tu y vois plus clair : comme tu as pu t’en rendre compte, la prépa est une expérience très enrichissante, très dense et intense, qui demande certains compromis ainsi qu’une hygiène de vie et un cadre bien spécifiques.

Maintenant, comment peux-tu être sûr.e que c’est fait pour toi ? Tu te doutes bien que je t’ai brossé un portrait généraliste de ces années-là, malgré mon souci du détail, et qu’il y a encore une multitude de choses dont je n’ai pas pu te parler (surtout pour éviter que l’article fasse soixante-sept pages). Parce que la prépa, c’est aussi et surtout une question de personnalité, d’ambitions et de psyché et savoir si tout est compatible.

Pour déterminer tout cela, tu as deux choix :

- Intégrer une CPGE au petit bonheur la chance et vivre soit une expérience grandiose, soit un moment traumatisant ;

- Ou m’appeler pour qu’on en parle et que je t’aide à définir ou non si tu es fait.e pour la prépa : et si la réponse est négative, rassure-toi, je serai également là pour t’aider à réfléchir à un autre parcours.

                Mon téléphone est près de moi : viens prendre ton avenir en main !


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