Qu'est-ce que la psychanalyse ? | Blog

Qu'est-ce que la psychanalyse ?

Study Advisor Team

Introduction

Tu as déjà sûrement entendu parler des concepts d'inconscient, de complexe d'Oedipe, des lapsus qui trahiraient nos pensées cachées, les "lapsus révélateurs", ou encore des "actes manqués" : tous ces concepts sont issus de la psychanalyse, une discipline née entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle et qui a profondément infiltré nos représentations culturelles en France. Cette discipline s'est développé en parallèle de la psychologie, qui a notamment été marquée par le comportementalisme (behaviorisme) dont la figure marquante était Pavlov et ses recherches sur le réflexe conditionné, et qui a donné le courant de psychologie que nous connaissons aujourd'hui sous le nom des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). La psychanalyse, elle, a fait son chemin en influençant considérablement la psychiatrie, une spécialité médicale assez jeune, et la psychologie clinique.

Aujourd'hui en France, la psychanalyse conserve une grande influence, et est le référentiel théorique d'une grande partie des psychologues, psychothérapeutes et psychiatre, avec l'orientation TCC.

Une place prépondérante pour ces deux courants dans la psychologie qui mène d'ailleurs régulièrement à de vifs débats sur laquelle de ces deux approches est la meilleure, tandis que beaucoup de professionnels, à l'inverse, travaillent très bien en collaboration les uns avec les autres en s'enrichissant mutuellement de leurs spécificités.

Mais alors, quelle est la spécificité de l'approche psychanalytique ? Quels sont ses concepts centraux ? C'est ce que nous allons voir ici.

La psychanalyse se définit de 3 manières

Sigmund Freud, l'inventeur de la psychanalyse, a donné une définition assez explicite de la psychanalyse dans un article de l'Encyclopédie en 1922 :

" Psychanalyse est le nom :

1° D'un procédé pour l'investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement ;

2° D'une méthode fondée sur cette investigation pour le traitement des désordres névrotiques ;

3° D'une série de conceptions psychologiques acquises par ce moyen et qui s'accroissent ensemble pour former progressivement une nouvelle discipline scientifique"

[cité par J. Laplanche et J.-B. Pontalis dans Vocabulaire de la psychanalyse, p.351]

J'ai mis en gras ici les trois coordonnées qui définissent ce que l'on appelle psychanalyse : l'investigation - le traitement - les conceptions psychologiques qui forment une nouvelle discipline.

L'objet d'étude de la psychanalyse est l'inconscient

Souvenons-nous : la psychanalyse est d'abord "un procédé pour l'investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement"

Pourquoi inaccessibles autrement ? Car la psychanalyse s'intéresse à l'inconscient, donc à ce qui nous échappe par définition.

=> Ce qu'il faut absolument retenir, c'est que la spécificité de la psychanalyse est de s'intéresser à l'individu, au sujet, en tant qu'il est traversé par des mouvements inconscients et que ce sont ces mouvements qui le déterminent.

Ces "mouvements" sont plus précisément des désirs, souvent inavouables, cachés, que le sujet ne veut pas connaître et qui lui sont ainsi totalement inaccessibles : c'est le mécanisme du refoulement. Mais cet inconscient peut également retenir des images, des scènes, des représentations qui sont traumatiques, qui sont tellement douloureuses qu'elles restent ainsi dans l'ombre, comme oubliées du sujet.

La psychanalyse nous offre donc une vision de l'humain comme étant un sujet de désir, et un sujet de l'inconscient. "Le moi n'est pas maître en sa propre maison", c'est à dire que nous n'avons conscience que d'une toute petite partie de ce qui nous constitue en tant que sujets, et que le reste, inconscient, est par définition même hors de portée. La psychanalyse s'attache donc à trouver des moyens de repérer des contenus où l'inconscient s'exprime, comme le rêve, véritable message crypté de notre désir, qu'il s'agit de déchiffrer en pratiquant la libre association, c'est-à-dire en disant tout ce qui nous vient en tête lorsqu'on pense aux éléments de notre rêve (un exercice bien sûr qui n'est jamais parfaitement atteint !)

D'autres formations de l'inconscient sont les symptômes que nous pouvons avoir lorsque nous sommes en souffrance, c'est donc tout naturellement que la psychanalyse s'y intéresse aussi.

La psychanalyse est une méthode psychothérapeutique

En effet, la psychanalyse est aussi : "une méthode fondée sur cette investigation pour le traitement des désordres névrotiques"

Depuis son invention même, la psychanalyse est essentiellement liée aux pathologies mentales, donc à la discipline que l'on appelle psychopathologie.

Elle propose une méthode de traitement qui consiste non pas à tenter de supprimer directement les symptômes, mais à comprendre le sens qu'ils ont pour le patient, car ils sont considérés comme étant une méthode de défense contre des représentations inconscientes douloureuses. Oui, cela peut sembler paradoxal : le symptôme est le problème pour lequel le patient vient consulter et entame une démarche psychothérapeutique, et en même temps il serait une solution à d'autres problèmes plus graves encore pour lui, inconsciemment.

L'enjeu du travail psychanalytique est donc d'abord de permettre une mise en sens de l'histoire du sujet. Il s'agit également de maîtriser la relation thérapeutique qui sera, elle, le véritable levier d'amélioration de l'état du patient, notamment via la prise en compte du transfert, c'est-à-dire de la projection, par le patient, d'une relation qui a été particulièrement marquante pour lui dans son histoire, sur la personne de l'analyste ou du thérapeute. C'est dans la mise à jour de cette modalité particulière de relation, et dans son actualisation dans le cadre des séances, que pourra se dénouer le noeud inconscient du symptôme du patient, qui deviendra alors inutile, pour lui, et disparaitra.

Notons que dans la citation de Freud, celui-ci parle des "désordres névrotiques" : en effet, la méthode psychanalytique s'adresse d'abord, pour Freud, aux patients adultes souffrant de névroses, une catégorie psychopathologique qui comprend diverses structures de personnalité, et où le sujet a des symptômes qui ne l'empêchent cependant pas de garder un contact avec la réalité et où une certaine unité du psychisme est déjà acquise. C'est par la suite, du vivant même de Freud, que la méthode analytique sera étendue à d'autres catégories de patients : les enfants, avec qui sera développée la technique du jeu, mais aussi les patients psychotiques (où le lien à la réalité est rompu) et d'autres encore.

Cet intérêt pour l'inconscient, et la méthode de traitement qui en découle, mènent tout naturellement vers l'élaboration de nouveaux concepts pour penser notre psychisme.

La psychanalyse propose une nouvelle conception du psychisme

Car la psychanalyse est enfin : "une série de conceptions psychologiques [..] qui s'accroissent ensemble pour former progressivement une nouvelle discipline scientifique"

Nous ne pourrions pas lister l'ensemble de ces conceptions ici évidemment, retenons que la psychanalyse propose une nouvelle façon de conceptualiser l' "appareil psychique", une entité bien définie et qui opère en nous, comme un organe corporel, qui possède divers espaces (conscient/préconscient/conscient et ça/moi/surmoi), diverses forces qui s'affrontent, des flux d'énergie qui la traversent (la libido) et qui ne sont pas là des réalités mystiques mais bien des concepts qui permettent de se représenter mentalement notre psychisme pour mieux le comprendre.

On le voit dans la citation de Freud, sa démarche reste, pour lui, toujours strictement scientifique, et les concepts dont on parle "s'accroissent ensemble" : c'est donc une discipline toujours en mouvement, toujours en questionnement, toujours en recherche.

Aujourd'hui, la présence de la psychanalyse dans le milieu universitaire permet de la remettre en question, lorsque certains concepts semblent limités, ou dépassés par les nouvelles représentations sociales qui sont les nôtres. Cette présence permet aussi de l'intégrer à la recherche, où la psychanalyse peut alors être utilisée pour réfléchir à des questions très actuelles : ainsi nous trouvons aujourd'hui des chercheurs en psychologie d'orientation analytique qui s'intéressent aux questions du racisme, aux études décoloniales, ou encore aux questions de transidentité.

La psychanalyse a donc une histoire qui la définit, mais elle est, au final, toujours à réinventer !


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